GODARD ANNÉES 60

CYCLE CINÉMA PRÉSENTÉ PAR ALAIN BERGALA

Bande-annonce

LES FILMS

Revoir les films de Jean-Luc Godard aujourd'hui, du moins ceux de la première période, c'est aussi revoir avec lui la France des années 60. Période d'ébullition économique, sociale, politique, artistique...
Sans doute l'un des réalisateurs (avec Truffaut) qui a le plus contribué au renouvellement du cnéma qu'on nommera alors "Nouvelle Vague", Godard est un cinéaste qui ose, ausculte, provoque, réfléchit, et en définitive nous stimule en tant que spectateur. La vitalité intellectuelle que l'on ressent en regardant ses films vient de cette capacité à susciter en nous une réflexion, un positionnement, par rapport aux images et aux sons qu'il nous propose et que jamais il n'impose.
Depuis "A bout de souffle" (1960), Godard n'a cessé de nous surprendre par son extraordinaire liberté dans l'utilisation du langage cinématographique, par la recherche permanente qu'il déploie de film en film. Il a également contribué à lancer la carrière de quelques-uns des plus grands acteurs de l'époque : Anna Karina, Jean-Paul Belmondo, Jean-Pierre Léaud... ils représentent ce cinéma de la Nouvelle Vague devenu mythique, incarnant un renouveau, une fraîcheur et une vivacité qui nous parviennent intactes encore aujourd'hui.

 


 

L'INTERVENANT

Alain Bergala a été rédacteur en chef et directeur de collections aux Cahiers du cinéma. Il est connu notamment comme spécialiste de l’œuvre de Jean-Luc Godard dont il a été l’éditeur pour les deux tomes de Godard par Godard. Il est l’auteur de nombreux articles et d’ouvrages sur le cinéma consacrés à Godard, Rossellini, Kiarostami, Buñuel, etc.

En 2000, il est le conseiller cinéma de Jack Lang, au Ministère de l'éducation, avec lequel il travaille dans la perspective de l'introduction des arts dans les enseignements fondamentaux. Il développe sa conception de l'éducation au cinéma dans son ouvrage "L'hypothèse cinéma".

Il a été directeur du département Analyse de film à la Femis, et Commissaire d’exposition sur : Correspondances : Kiarostami Erice (Centre Pompidou 2007), Brune/Blonde (Cinémathèque française 2010), Pasolini Roma (Cinemathèque française 2013).

Retrouvez toutes les interventions d'Alain Bergala au CDA sur Youtube et sur vos plateformes de podcasts préférées.

 


En collaboration avec la médiathèque George Sand.


 

LE PROGRAMME

 

Mercredi 6 octobre 20h

À BOUT DE SOUFFLE

1960 / 1h30 / avec Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg, Daniel Boulanger

Un petit escroc est recherché par la police pour vol de voiture et meurtre. Il rencontre une jeune journaliste américaine et lui propose de fuir avec lui en Italie.
Avec les 400 coups de Truffaut, A bout de souffle est sans doute le film le plus emblématique et le fondateur de la Nouvelle Vague française. Godard se distingue d'emblée par une liberté incroyable dans la façon de mener le récit et dans l'inventivité du langage cinématographique.
Prix Jean Vigo & Ours d'argent à Berlin

 

Mardi 23 novembre 20h

UNE FEMME EST UNE FEMME

1961 / 1h25 / avec Anna Karina, Jean-Claude Brialy, Jean-Paul Belmondo

Angela veut un enfant dans les 24 heures. Émile, son compagnon, n'est pas si pressé. Pour arriver à ses fins, elle menace Émile de faire un enfant avec Alfred, un ami d'Émile qui est amoureux d'elle.
Une femme est une femme, comédie musicale au ton extrêment libre et facétieux, divise la critique lors de sa sortie en 1961, entre haine et dithyrambe. Renié par Godard en 2014, ce film reste pourtant l'un des plus populaires de sa filmographie.
Ours d'argent à Berlin

 

Mardi 7 décembre 20h

VIVRE SA VIE

1962 / 1h20 / avec Anna Karina, Sady Rebbot, André S. Labarthe

Le film raconte en douze « tableaux » l'histoire de Nana, jeune vendeuse désargentée qui rêve de devenir actrice et en vient, peu à peu, à se livrer à la prostitution.
Godard aborde un sujet de société douloureux et encore largement tabou à l'époque du tournage.
L'interprétation d'Anna Karina est inoubliable.

 

Mardi 11 janvier 20h

BANDE A PART

1964 / 1h35 / avec Anna Karina, Claude Brasseur, Danièle Girard

Deux petits délinquants, férus de vieux films de série B hollywoodiens, tentent de convaincre une étudiante de les aider à commettre un cambriolage.
La scène où Odile, Franz et Arthur traversent la grande galerie du Louvre en courant pour battre un record de vitesse et la scène où les trois personnages dansent le madison dans un café sont restées célèbres. Tarantino, grand admirateur du film, nommera sa société de production " A Band Apart".

 

Mardi 15 février 20h

PIERROT LE FOU

1965 / 1h50 / avec Jean-Paul Belmondo, Anna Karina, Graziella Galvani

Ferdinand Griffon, qui vient de perdre son emploi à la télévision, quitte femme et enfant et s'enfuit dans le sud de la France avec la baby-sitter. Entre trafic d'armes, complots politiques et rencontres incongrues, le couple vivra une alternance de pauses bucoliques et de déchirements amoureux.
« Pendant que j'assistais à la projection de Pierrot, j'avais oublié ce qu'il faut, paraît-il, dire et penser de Godard. Qu'il a des tics, qu'il cite celui-ci et celui-là, qu'il nous fait la leçon, qu'il se croit ceci ou cela... (...) : je ne voyais qu'une chose, une seule, et c'est que c'était beau. D'une beauté surhumaine. » (Louis Aragon)

 

Mardi 8 mars 20h

MASCULIN FEMININ

1966 / 1h50 / avec Jean-Pierre Léaud, Chantal Goya, Marlène Jobert

Paul, tout juste démobilisé, est à la recherche d'un travail et milite contre la guerre du Viêt Nam. Il est amoureux de Madeleine, une jeune chanteuse qui se préoccupe plus de sa propre réussite que son petit ami....
Ce film se présente comme une enquête sociologique sur les jeunes des années 1960, sur fond de campagne électorale. Certains aphorismes écrits dans les intertitres sont restés fameux, comme « Les enfants de Marx et de Coca-Cola, comprenne qui voudra ».
Ours d'argent à Berlin

 

Mardi 19 avril 20h

WEEK-END

1967 / 1h45 / avec Mireille Darc, Jean Yanne, Jean-Pierre Kalfon

L'histoire surréaliste d'un couple qui prend la route pour aller rendre et visite aux parents de la femme, dans l'intention de les tuer pour hériter de leur fortune.
Un portrait au vitriol de la classe moyenne qui réunit Mireille Darc et Jean Yanne, dans un week-end mouvementé où ils rencontrent des personnalités aussi diverses que les membres du FLSO (Front de Libération de Seine-et-Oise), Joseph Balsamo, Emily Brontë, Saint-Just, Marie-Madeleine ou bien encore le « Gros Poucet ».
"C'est fait dans l'esprit de certaines bandes dessinées d'avant-guerre. C'est plus méchant qu'Hara-Kiri." (Jean-Luc Godard)

 

Mardi 24 mai 20h

LA CHINOISE

1967 / 1h35 / avec Anne Wiazemsky, Jean-Pierre Léaud, Juliet Berto

Un petit groupe d'étudiants français étudie Mao, en essayant de déterminer leur position, et en cherchant à changer le monde en communauté maoïste au moyen du terrorisme. Véronique déclare : « Les théâtres et les cinémas, on doit payer, alors que l’armée est gratuite. Ça devrait être le contraire. »
Un film politique qui offre le portrait saisissant d'une certaine jeunesse engagée dans la période dite maoïste. Le scénario est en partie emprunté du roman Les Démons de Dostoïevsky.